Bonjour à tous,
Il est officiellement reconnu que notre plante Séneçon du cap, Senecio inaequidens est une plante invasive. Dans les raisons de cette dénomination l’on retrouve une origine exotique, une proliferation abondante et une forte toxicité pour les chevaux, vaches moutons etc. Mais, on peut aussi lire qu’elle est toxique pour les abeilles voir les insectes et inhiberai le developpement des plantes alentours. Mais, outre quelques mots sur le net je ne trouve pas de documentation serieuse sur ce sujet qui me permettrait de valider. Si vous pouviez m’aider ce serait gentil 
Bonne année a tous
Johanna
Bonjour Johanna
Je ne pense pas que sa toxicité soit une motif de classement comme plante invasive. Il y a suffisamment de plantes indigènes toxiques, et le bétail les évite, tout comme elles évitent le séneçon du Cap. Mais ce fait contribue à sa prolifération, par absence de prédation.
Pour les insectes, il faut prendre en compte que des pucerons noirs s’en régalent et peuvent limiter sa prolifération. Quant à la toxicité pour les abeilles, je n’en sais rien.
L’inhibition des plantes alentour est un caractère largement partagé dans la nature. Mon expérience personnelle avec le séneçon du cap est qu’il s’installe bien et prolifère là où le tapis végétal est discontinu. Pour moi, il n’est pas la cause de la dégradation des espèces présentes, mais il profite de places libres au sol, soit que cette discontinuité soit naturelle (arrières-dunes) soit qu’elle soit le résultat de surpâturage, piétinement ou autre. J’en ai vu coloniser en masse des terrains décapés et retournés pour des mises en culture ou des plantations forestières. Dès que la végétation spontanée ou introduite prenaient le dessus, il disparaissait ou restait sagement mélangé sans s’imposer.
Louis
1 « J'aime »
Bonjour tous
Je connais bien André Huguet, depuis les années 80, apiculteur à Tautavel (les ruchers de Tautavel).Il habite Corneilla -la-Rivière, Serge doit le connaitre. Un jour, il me fait goûter un miel: « celui-là, tu ne l’as jamais goûté ». Ce miel avait un goût léger de miel d’agrume, et il me révèle que c’est du miel de séneçon du Cap. Il me rassure en me disant qu’il n’est pas toxique, et qu’il n’y en n’a pas de toxique. Il ne le garde pas pour le commercialiser parce qu’il « cristallise » trop vite. Il me raconte alors qu’un jour il va voir ses abeilles en début d’hiver, il met des ruches en bordure de vignes, dont les entre rangs sont couverts de Dittrichia viscosa en fleurs. Les abeilles doivent butiner afin de faire du miel pour elles, pour l’hiver. Et il n’y a aucune abeille présente. Il décide de les « suivre ». Il les découvre dans une autre vigne plus loin qui avait tous ses entre rangs couverts de sèneçon du Cap ! Il récolte alors ce miel spécifique pour l’essayer.(André est un grand collectionneur de miels du monde entier).
Et sinon, j’avais devant chez moi à St Feliu d’Avall, un grand tilleul argenté. A la floraison, il bruissait de milliers d’abeilles, jusqu’à la tombée de la nuit. Alors que j’avais lu plusieurs fois que le tilleul argenté était toxique pour les abeilles, et qu’on les retrouvait mortes au pied de l’arbre: hé bien non !
Et sinon (bis), je connaissais une « chevrière » dans l’Aspre qui conduisait ses chèvres (alpines et angoras) d’un parc à l’autre, par une piste dont les côtés étaient envahis de séneçon. Les chèvres broutaient de temps à autre une touffe de séneçon, mais pas tout le temps…Et il y avait d’autres plantes: elles avaient le choix.
Quant aux abeilles, encore autre chose: toujours en hiver, une haie d’ornement avec des plantes diverses fleurissant en hiver. Mélangées: des espèces indigènes: romarin, laurier tin, etc et des exotiques d’Australie et d’Afrique du sud. Je passais devant tous les jours et tout l’hiver. Les abeilles avaient délaissé les indigènes, aucune abeille sur ces fleurs-là, mais toutes étaient sur les fleurs exotiques !
Pour finir, André Huguet vous a rencontrés sur une dernière expo SMBCN « avant covid », et est prêt à accueillir la SMBCN pour expos en commun, sorties…
Bonne soirée à tous
Myriam
2 « J'aime »
Merci Louis et Myriam pour vos témoignages et informations. Je garde cela en note.
A très bientôt
Bonjour Johanna,
J’ai posé la question de la toxicité du miel pour les humains lorsque les abeilles ont butiné des sèneçons du Cap à l’apiculteur présent sur le marché du samedi matin de Perpignan. Il s’agit de Michel Barcelo à Ortaffa. Il m’a répondu que lors des contrôles sanitaires du miel avant vente, si des traces de pollen des sèneçons étaient retrouvées, ça lui était signalé et il devait mettre en œuvre une mesure corrective pour éviter que cela se reproduise. Quand ça lui est arrivé, il a déplacé ses ruches vers un endroit exempt de sèneçons. Par ailleurs, il a précisé que ces plantes n’étaient pas très attirantes pour les abeilles et qu’elles n’y allaient que lorsque leur environnement était pauvre de floraison autre.
il ne m’ a pas évoqué de toxicité pour les abeilles.
Je n’ai pas retenu le nom ou plutôt le sigle de l’organisme de contrôle.
[coordonnées supprimées]
Danielle ESPANOL
1 « J'aime »
Bonsoir Danielle,
Merci beaucoup d’avoir pris le temps d’en discuter avec cet apiculteur, toutes les réponses sont bonnes à prendre pour en savoir plus !
inva_sene_ina_f.pdf (616,9 Ko)
Pour info j’ai trouvé ça
Oui, c’est très bien fait (Suisse!). On peut juste observer qu’ils sont dans une phase de début d’invasion semble-t-il et qu’ils s’alertent autant que nous, dans les PO, il y a 20 ans. Les données sont justes, mais avec le temps, on s’aperçoit que la dynamique d’envahissement marque le pas (mais voir si la séchresse ne risque pas de la booster) Comme ils le remarquent très justement, les milieux naturels en bon état ne sont pas impactés significativement (à vérifier sur les milieux naturellement très ouverts (dunes)) … A méditer.
Bonsoir Bonsoir !
J’ai quelques nouvelles informations concernant notre Sénéçon du Cap !
La plante serait devenue envahissante après avoir passé plusieurs années à ne pas se multiplier parce qu’elle produisait des tanins plutôt que des graines. Quand elle a commencé à coloniser elle n’a rencontré aucun « prédateur » ce qui lui a permis de se déployer un peu partout. Du littoral elle est remontée vers les montagnes, et c’est dans les montagnes, qu’au contacte d’un autre Séneçon porteur d’un certain puceron, elle aurait enfin trouvé son insecte régulateur. Le puceron passant de son séneçon de montagne à celui du Cap et redescendant petit à petit jusqu’à la mer calmant au passage les ardeurs de notre fleur.
Belle histoire !